Cradle Of Filth renvoie de manière automatique deux mondes se foutre sur la tronche. Toujours bercée par les sirènes du heavy et les goules du black, la poussette du nain Filth n'en finissait plus de chavirer d'un bord à l'autre, cachant ses faiblesses congénitales par une puissance revigorante et des clips "gentiment" kitchs. Passons sur leurs prestations live vu que je ne me sens pas d'humeur aujourd'hui à rigoler, et misons une paille que je vais aller minauder sur Thornography ? Que nenni, car bien qu'honni par la frange dure (il y a une frange dure de Cradle Of Filth...), cet album parmi les plus heavy et accessibles de notre tas d'ordures est de fait souvent enfourné dans la Technics.C'est vrai que sur le coup, je l'ai qualifié de merde...
Mais occultant les cris d'horreur autour de moi, je dus reconnaitre la bonne qualité de la chose. Evidemment, Thornography n'a pas honte de tomber dans un heavy maidenien blasphématoire, ce qui peut surprendre le boeuf moyen qui n'a pas écouté Nymphetamine et dont le neurone a du se prendre la déflagration de fort brutale manière.
Niveau orchestral et flonflons, c'est la misère, seule l'introduction qui fait envie mais pas plus s'affuble des oripeaux de Dusk and her Embrace (paluchage de rigueur lorsque l'on prononce le nom de cet album s'il vous plait). Ensuite, c'est pas du black, c'est pas encore de la pop (aaargh, mais en fait si un peu.... aaargh !), c'est un espèce de grey, du métal gris, empruntant sa mélodicité aux parrains du heavy briton et ses mouvements de batterie symbolisant les restes blackisants nécessaires à une bonne promo au Hellfest, de Clisson bien sur!
Destabilisé au premier jet, oui, d'autant que c'est pas le grand jeu niveau compositions et que Cradle Of Filth sans la grandiloquence montre plus aisément ses faiblesses mais aussi sa capacité à muter.
Le groupe s'ouvre et tente, se fout des commentaires des puristes sans sembler clairement chercher la démocratisation à outrance.
Preuve de cette belle tentative "Open Air", l'instrumental Rise of the Pentagram (je commence par la fin oui...) qui conjugue assez habilement guitares heavy, blasts, et jolies atmosphères de l'Orient.
Thornography offre ce fameux cul entre deux chaises qui complique la vie de tout chroniqueur moyen. Les relents de Black avec le bien pêchu Dirge Inferno, pui soudainement quelques molles choses telles que Tonight in Flames (inintéressant) ou le trop complexe pour ma pomme Libertina Grimm que je n'ai toujours pas réellement pigé.
Dans les compromissions qui tiennent la rampe, il faut aller chercher The Byonic Man. Etroite mixture de black, d'indus, et d'autres ingrédients disséminés dans la soupe, c'est la petite prouesse de Thornography. D'autant que notre Dani doit jongler avec un chant clair qui aussi surprenant qu'il soit n'est pas désagréable, il tente d'ailleurs plusieurs fois l'expérience mais faire plus insupportable que ses vocalises de vieille truie serait tache bien complexe il est vrai. A noter que Ville Valo, la belle gueule de HIM vient accompagner notre nain aux longues ratiches pour un duo relativement sympathique.
Le thrashisant I Am the Thorn est lui aussi pas mal et je dois avouer apprécier la mixture en poudre de Cemetery and Sundown, entre brins de pop, black, heavy et thrash, il faudrait arrêter de sniffer la colle en arguant que COF ne cherche pas à innover, c'est assez éloquent là quand méme non ?
La fort choupinette introduction acoustique de Lovesick for Mina nous ramène soudainement à Nymphetamine, The foetus of a new day kicking est lui du pur heavy Priestien période Painkiller. A savourer.
Parlons encore du fort bon Under Huntress Moon et de la rigolote reprise de Heaven 17, Temptation et je rends la copie.
Thornography est inégal et a tout du batârd ingrat coincé entre une belle Nymphetamine et le pavé conceptuel Godspeed on the devil's thunder.
Si se coltiner tel voisinage temporel te fait fatalement passer pour un néant artistique en tube, il y a pourtant là-dedans de petites choses intéressantes qui font tiquer et finalement me font aimer ce bouzin, boiteux, mais attachant.
Si se coltiner tel voisinage temporel te fait fatalement passer pour un néant artistique en tube, il y a pourtant là-dedans de petites choses intéressantes qui font tiquer et finalement me font aimer ce bouzin, boiteux, mais attachant.
Il n' y a rien à faire, j'accroche pas à ce groupe. La voix peut être (rire)!
RépondreSupprimerCe fut pire auparavant...
RépondreSupprimerSur Godspeed on The Devil's Thunder, Filth fait de gros efforts pour moduler sa voix, c'est bien un peu visible sur cet album ceci dit et sans changer la nature du groupe, c'est un bienfait pour les oreilles.
C'est cependant vrai que l'on peut encore juger ses vocalises comme horribles, je suis bien d'accord ;-)