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20 avril 2010

Deep Purple, Machine Head, 1972

Je poursuis mon petit tour tout de pourpre vêtu avec un classique immortel, celui qu'on ira chercher dans toute bonne compilation poisseuse de Hard rock. Machine Head, album pas si fabuleux selon votre pimate (tranquillisez-vous, je vais expliquer...), sauvé par l'histoire rigolote de son enregistrement. Beaucoup de fumée pour pas tant que cela, en gros, oui, j'ose.

Je suis un sale connard qui critique tout, merci je sais. Déjà, je suis incapable de reproduire avec une guitare le riff Playskool de Smoke on the Water et je me permets d'aller minauder sur Machine Head, qui a dit grosse salope?
Revenons sur l'objet de ce blog qui est de défendre une forme implacable de subjectivité, de sincérité et d'absence totale de profits.
Le Ouistiti se veut sincère, pose ses pêches sur tel ou tel disque et en dit, c'est selon, le plus grand bien, le plus grand mal, et parfois sursaute en de longues phrases sur un écueil, un de ces disques piégeurs qui obligent à utiliser toute la panoplie des moyen, je sais pas, doutes, bof, ptêt ben qu'oui et autres synonymes de "je sais pas quoi en dire de ce machin alors je vais m'etaler et vous verrez pas la manip, bande de glands".

Dans le cas de Machine Head, votre salope (voyez le premier paragaphe) sait de quoi il en retourne et sait de fait que nombreux ne vont pas aimer ce qui suit. Loin d'aller remettre en cause (enfin si un peu...) le culte justifié qu'il provoque depuis plus de 35 ans maintenant, je juge globalement ce disque inférieur au passé et au futur de Deep Purple.

La carrière du groupe est dure à suivre, notamment par le fait que le navire a changé de cap à chaque changement de capitaine. De psychédélique à rock sauvage, de blues à Hard Fm, de soupe à grosse merde, il y en eut des moments glorieux et des fours monumentaux.
Machine Head se colle aisément dans la belle époque, je ne le nie pas, mais je le vois comme un album surestimé à bien des égards. Surestime qui a pour cause un gros coup de pub.

Cours d'histoire, qui n'a pas entendu parler de ce fameux incendie du Casino de Montreux durant un concert de Frank Zappa?
Qui n'a pas lu jusqu'à overdose la fumeuse histoire de Smoke on the water, tellement rabâchée qu'elle ressemble à un scénario de Michael Bay?
Franchement, en lisant récemment le compte-rendu de l'évènement par les membres du groupe, la légende en prend un coup. Le drame vire potache, Zappa en maitre de cérémonie au sang-froid, la fuite de la grand-salle, Blackmore qui regrette l'incident car cela lui a fait perdre l'occasion de se taper des groupies, Gillan qui relate à la façon du Parisien, gag, juste un énorme gag.

Machine Head, ce n'est pas que le riff ultra-débile et génial de Smoke on the water, mais que peut-on retenir d'autre ?
Objectivement (miracle!), Highway star peut se prévaloir d'être un des précurseurs du speed metal (gloire...) et connement le morceau le plus puissant, mortel, énorme, essentiel de ce disque, qui est pourvu d'un solo fou à plus d'un titre, donc va pour le classer dans les tops.

Mais juste derrière, vous avez quoi ? Maybe I'm a Leo, sorte de grosse paresseuse tombant juste après la furie précédente, fondamentalement c'est bon, mais sans plus et surtout impossible à juger après la savate initiale.
Smoke on the water, le riff, le riff ! Mais ensuite, le riff ! Oui mais ensuite, ben... Le riff, putain de riff !
Au même titre qu'Highway to hell, cette chanson ne survit que par son simplisme qu'il fallait certes trouver, mais qui lasse au bout de quelques temps. Bonne école d'apprentissage pour les gratteux, mais se voir réduit à ce statut est un peu rude... En gros, Deep Purple a sorti ici un morceau tellement con qu'il peut être joué par n'importe quel gnard, c'est grandiose ou honteux?

Cependant, il y a ces deux derniers titres. Lazy et les claviers de Jon Lord, Space Truckin' et ses speederies infernales. Ici, rien à salir, tout est en plein dans ce que Deep Purple nous offrait dans la sauvagerie d'In Rock.
Mais finalement, le bilan se veut mitigé, un "tube" facile, un essentiel, deux excellentes démonstrations et trois plages bien ternes à coté. Il n'est pas question de chipoter mais en faisant le tri, Machine Head perd de son aura, chose plus compliquée lorsqu'il s'agit de taper sur In Rock ou Burn, plus cohérents en termes de qualité, moins fameux, connards de critiques de rock, public imbécile.

Machine Head est le genre même du disque qui s'est fait vampiriser par son tube en plastique. Trop facile, trop évident, trop génial en somme, Smoke on the water a éclipsé les morceaux moyens (tant mieux) et fait de l'ombre aux grands coups de marteaux (exception faite de Highway star il est vrai). Mais ce disque sans cette histoire de fumée sur l'eau, que reste-il au fond? Ah oui, il en reste pas grand-chose.

Lorsque j'écoute cet album, je n'en peux plus de cette rengaine, elle me gonfle, tellement entendue, tellement reprise, ras la couenne, stop !! Je la passe parfois, je zappe, et ses sbires mous avec elle.
Grand disque, Machine Head est surtout un support au plus gros coup de pub que le hard rock ait jamais esperé, Smoke on the fuckin' water...
Moi, j'en voyais pourtant un de grand titre sur lequel Blackmore a pourtant toujours craché, When a Blind man Cries, à la hauteur de Child in Time, splendide ballade enfin disponible sur la version remasterisée de 1995. Jusqu'ici, il fallait se chercher l'obscur 45 tours sur lequel elle servait de face B. L'erreur est réparée.

J'arrête là mon pamphlet, il reste de Machine Head une belle introduction au hard rock et un de ces disques essentiels qui ont lancé le mouvement dur dans le monde. Mais putain, arrêtez de nous gonfler avec Smoke on the water, je vous en offrirai dix de celui-là pour un When a Blind man cries, sans déconner.




2 contributions bénévoles:

  1. Je te trouve bien dur avec ce disque. Certes ce n'est pas le meilleur du Purple, mais c'est un classique incontournable du rock.
    Bon, sur ce, je vais me chroniquer un petit Quiet Riot...

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  2. Oui et non, c'est que je trouve injuste d'en faire autant sur Machine Head alors que d'autres opus tels que Stormbringer ou In Rock sont nettement au-dessus. Comme je le dis, c'est surtout un gros coup marketing que l'on nous sert éternellement, lassant.

    Machine Head est un grand disque, mais il ne fait pas partie de mes préférés du Pourpre, vraiment pas. Trop écouté sans doute...

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