Je voudrais parler de ce live comme de n’importe quelle parution CD, une de plus, des riffs par-ci, des coquilles par-là, et le chanteur il est bon, et ça c’est bien, et ça c’est nul, histoire de vous taper une chronique tarte sur un disque tarte. On irait remplir ce texte de poncifs, de facilités, d’arguments douteux pour attirer le chaland, quelques saillies à peine drôles pour remuer l’endormi du fond. Qu’il est facile de laisser l’automatisme prendre le pas sur une quelconque sensibilité…Je pourrais en pondre un texte aussi easy-listening, d’un classicisme confondant mais irréprochable, calqué sur les avis de 200 testeurs indépendants qui jugeront que cette prose hâtivement vomie est raccord à un pourcentage acceptable à ce qui peut être lu sur des sites aussi variés, aussi respectables que Fnac.com et Amazon.
J’irais commencer par une phrase un peu bancale mais super sincère, du genre, AC/DC est le plus grand blablabla…
Je poursuivrais par quelque chose comme AC/DC vient de sortir une bombe live avec plein d’effets et que c’est chouette, et que Angus il est quand même fort dis donc. J’enquillerai par la démesure du show, par la prestation parfaite, par cet alignement trop cool de pleins de tubes que tout le monde connait. J’en finirai, les larmes aux yeux en disant que le groupe venait d’offrir son plus beau témoignage en live avec Brian Johnson en son sein, et que le monsieur ben il chante pas aussi bien que Bon Scott, mais bon ça passe.
Putain… Voila chiadée en quelques pathétiques lignes une chronique de ce live et bien qu’elle dise tout, elle ne dit rien. Cette chronique est la vue déformée d’un abruti incapable de sentir ce qu’est cet album, incapable d’exprimer en mots ce que ce coup de pied au cul vous remue les entrailles, vous fout à l’envers et vous laisse au bord de la piste d’Indianapolis avec les rugissements de moteurs autour, cette odeur de graisse et d’huile qui brûle, ces cris atroces qui vous donnent des vertiges.
Ce Live n’est pas qu’un live, c’est un lancement sur orbite dont on ne revient jamais. C’est un voyage en Enfer, le vrai, celui qui crame et qui vous laisse des traces de sang sur la chemise. Il y eut If you want Blood..., oui, et l'on peut préférer telle ou telle prestation. Mais en 1978, les kangourous n'étaient que des païens sales et dangereux. En 1992, après la résurrection du Razor's Edge, ce sont des Dieux.
AC/DC ici, c’est l’Olympe version destroy, c’est un Panthéon élevé à la gloire de la musique la plus basique et débile de l’univers. Tant de gigantisme, de décibels pour de simples riffs, avec bonus chant de canard et option tumeur de la gorge, mais ça les vaut.
Les vieux branchés d'Australie prouvaient que ouais, le hard Rock est une musique de cons, de beaufs, d’indigents et qu’ils en étaient fiers et qu’ils vous le mettaient bien profond.
Sans jamais varier de ligne, les boys ne faisaient pas que fêter le hard Rock, ils le magnifiaient dans ses plus grosses ficelles, dans ses plus gros trucs, AC/DC déballait toute sa marchandise et la plaquait sur la gueule du monde, sans compter.
J’en arrête la, et je n’ai toujours rien dit de cette doublette. A quoi bon se torturer l’esprit à propos de musique hard rock ? Il ne faudrait rien en dire finalement, il faudrait l’écouter.
Effectivement un excellent album, qui m'a marqué durablement. C'est en effet le premier album de hard que j'ai acheté. J'avais 14 ans...
RépondreSupprimerhttp://nothingisstrongerthanmusic.blogspot.com/2010/02/acdc-live.html
Ce disque a marqué apparemment pas mal de monde... Dont moi! j'avais 17 ans. Je me souviens avoir entendu 3 morceaux (dont Jailbreak) en exclu à RTL France chez Zegut (à l'époque, on écoutait la radio) Acheté en cassettes originales à sa sortie, j'ai réussi à les user sur mon walkman! Le double cd acheté quelques années plus tard s'use...
RépondreSupprimerPutain, j'ai l'impression que c'était hier!
Une vraie claque musicale que je n'ai ressenti que peu de fois!