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13 mai 2010

Austrian Death Machine, Double Brutal, 2009

Rions un peu, pas toujours évident dans le monde parfois bien trop cul-serré du metaaaal ! Avec Austrian Death Machine, on en revient à ce potache que je crois nécessaire à l’institution, de par son aspect purement déconneur et frais. Arnold S., gouverneur de Californie de son état et séxagenaire désormais plus ventripotent que musculeux est de retour dans un Double Brutal deux fois plus génial que le premier opus. Et ça cartonne.

Mais expliquons un peu l’idée, car derrière toute déconnade de qualité se cache un concept, aussi simplet soit-il. En 2006, Tim Lambesis, peu intéressé par l’avenir de son petit groupe de neo metal plus que quelconque (As I Lay Dying pour ne pas le nommer), se bourre la gueule et se remet dans la vue la cinématographie complète d’un grand nom du cinoche 'ricain.
Grattage de cul, décapsulage de bière devant les étagères, et notre ami tombe sur Schwarzie, de Terminator au Flic à la maternelle, il se chope tout, ingurgite jusqu’à la nausée et finalement réveillé le lendemain matin, un dvd dans les gencives, Tim décide de poursuivre le délire, Arnold doit mettre en musique sa vie et son œuvre.

Total Brutal sera ce premier pêtage de plomb, un peu bordélique mais amusant, d’autant qu’Arnold y intervient de temps à autre dans des monologues d’une débilité réjouissante. Double Brutal, c’est la version grand écran, le multiplex, avec un Schwarzie encore plus présent. Un énorme bout de rigolade pour anglophones avertis, les autres se frusteront quelque peu.

Tim fait tout, le chant évidemment, mais aussi l'entièreté des instruments, ce qui le fait sauvagement grimper dans mon estime, vu le travail conséquent que cela impose. Schwarzie est lui interprété (bah non, c'est pas le vrai, pfff...) par Chad Ackerman, membre de Destroy The Runner et c'est peu dire qu'il est impeccable dans le rôle.
Cependant, Lambesis s'offre les services d'un guitariste soliste pour chaque titre et pas des manchots globalement, je vous épargne la liste.
Si Total Brutal était drôle sans plus, avec des compositions correctes tout en gardant l'esprit sur Haaarnold et sa vie et son œuvre, Double Brutal peaufine la chose, déconnade plus magistrale et musicalement bien torché.

IL est de retour ! ("I'll be back", révisez vos classiques ou vous allez pas suivre). Toutes les chansons sont inspirées de péloches de notre Governator préféré et ça donne des titres aussi goutus que "I Need Your Clothes, Your Boots, And Your Motorcycle", "Hey Cookie Monster, Nothing Is As Brutal As Neaahh", "Who Is Your Daddy, And What Does He?" , ou encore "Conan, What Is Best In Life?"... En somme, tout un programme.

Ce délire qui s'habille en thrash au sens large (on appelle ça du crossover) défouraille sec tout du long, avec toujours ces apparitions de notre Chad/Schwarzie, jamais à court d'un pêtage de plombs ou de réflexions profondes, Schwarzy qui se fout de la gueule du chanteur, planche sur les riffs, fait subir les pires supplices à Will Smith, lorsqu’il ne fait pas connement rire à ses dépends.
On se rapproche des Frenchies d'Ultravomit dans l'esprit, soit des musicos confirmés qui poussent leur connerie en avant, mais se limiter à un personnage comme le fait Lambesis est autrement plus hilarant.

Le second CD (ça s'appelle pas Double Brutal pour rien) est uniquement composé de covers dont une brillante du Killing is My business... de Megadeth, bien que fort classique. Celle de Judas Priest, Hell bent for leather, ou encore le Trapped Under Ice de Metallica sont toutes aussi recommandables même si peu éloignées des originales. Le T2 Theme en ouverture de cette seconde galette est lui parfaitement tordant.

Si vous cherchez un album à la portée aussi limitée que les vues politiques de Schwarzie (quoique...) et que vous aimez vous marrez en fin de semaine après le dur labeur à l'usine, offrez-vous Double Brutal, vous redemanderez au dessert quelques Cookies Monsters.


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