Vous savez le ouistiti relativement ouvert d'esprit (si, si), aimant piocher, dénicher, scruter, fouiner, tâter la nouveauté comme l'on tâte le cul de la meuuuuh, avec franchise et gourmandise. Goldfrapp ne fit pas exception, laissant son nouveau-né dans les pattes de l'animal. Conscient que tout ou presque au rayon métallique pue sévère actuellement, le primate désirant une fraiche brise rafraichissante avait envie d'échappatoire. Mal lui en a pris, il s'en est retourné dans les jupons de Slayer après environ trois écoutes qui ont viré à la torture moyenâgeuse.Goldfrapp ne fait pas de trip-hop, ou du moins plus depuis bien longtemps. Ça n'a l'air de rien, mais si l'on ne capte pas l'évolution radicale du groupe, on se retrouve avec les mêmes geeks qui cherchent à chaque nouvel album un bis repetita de Felt Mountain, truc qu'ils peuvent encore attendre...
La paire improbable que forment le bidouilleur et la louve s'évertuant plutôt à lisser une musique faite pour danser, très travaillée et aux abords relativement enjoués. Goldfrapp a progressivement métamorphosé sa créature en la gavant d'electroclash et de dance. Pas fatalement un drame en soi, d'autant que la rupture, progressive, passait par un gouleyant Black Cherry, un moins gouleyant (je suis gentil) Supernature et un fort correct Seventh Tree. Le duo ne s'est jamais enfourné dans une caisse labellisée, privilégiant œuvrer dans diverses directions selon les envies (les modes ?) du moment.
La paire improbable que forment le bidouilleur et la louve s'évertuant plutôt à lisser une musique faite pour danser, très travaillée et aux abords relativement enjoués. Goldfrapp a progressivement métamorphosé sa créature en la gavant d'electroclash et de dance. Pas fatalement un drame en soi, d'autant que la rupture, progressive, passait par un gouleyant Black Cherry, un moins gouleyant (je suis gentil) Supernature et un fort correct Seventh Tree. Le duo ne s'est jamais enfourné dans une caisse labellisée, privilégiant œuvrer dans diverses directions selon les envies (les modes ?) du moment.
Voilà, et après ce léchage de bottes en direct, allons droit au sujet, Head First.
T'as beau dire que tu t'y attendais, le choc reste violent. Cette galette qui beat à mort et abuse de petits ouuuhh par milliers frise la compromission d'avec le pire de la pop des années 80 voire far away. Cette dérive kitsch pourrait s'avérer sympathique et en me tirant quelques poils du nez tout en me faisant sucer les panards par une chèvre, je crois que j'aime... un peu mais pas tout !
C'est assez symptomatique de l'évolution du combo que de s'être lancé cette fois dans une pop datée qui aurait pu être une bonne blague si ça n'avait pas été travaillé avec autant de sérieux.
Car c'est bien fait, et Will Gregory a pris le temps de se manger les œuvres complètes de Giorgo Moroder et autres pontes de la grande putasserie popisante, parangons des ABBA et autres ersatz d'Europe du Nord. Après avoir si bien sauvé le dernier album de Portishead (Third où il a proposé deux titres), il est bien cruel de constater sa crise de guimauve pour ce quatrième album de Goldfrapp.
Sans pourtant tout dégueuler d'un coup, ma nature de petite tarlouze parvient à apprécier les extraits les plus soft, les instants fugaces où le clavier Bontempi ne provoque pas ma fuite dans les escaliers de secours. Ça doit se compter sur deux doigts, Dreaming et Voicething. Pour le reste et notamment l'insupportable Rocket où Alison ânonne (fort bien qui plus est) "Oh oh oh i got a rocket" si niaisement que ça en devient pénible, je ne peux rien y faire, je ne supporte pas.
N'allez pas croire que je me fais plaisir à démembrer un album plus variété qu'indus pour une fois, il n'en est rien. J'avais comme les geeks boutonneux du premier paragraphe été bluffé par la beauté mélancolique de Felt Mountain et sans présenter une quelconque gêne, la suite du parcours ne me provoqua aucun dégout particulier, plutôt une saine adhésion.
Mais là, faut pas pousser mémé dans le caveau.
Head First tombe la tête la première (ah, joie de ces titres aisément malléables par le vicieux poilu) dans le pire d'une disco passéiste et morte, donnant une coloration ridicule à des titres qui auraient pu intéresser si Will avait mis un peu d'eau dans sa crise de la cinquantaine.
Qualitativement Goldfrapp est (toujours) irréprochable, mais cette nouvelle lubie pousse le bouchon bien trop loin. De la mauvaise dance bien produite reste de la mauvaise dance, et Will Gregory comme Alison Goldfrapp ont joué le jeu à fond sans nuancer le propos. Déjà que Massive Attack n'a pas produit quelque chose d'exceptionnel avec Heligoland cette même année, on pourrait se demander si le trip-hop à sa naissance n'était pas doté dans son cahier des charges d'un avenir limité à 20 ans...
On est au bout du voyage les mecs, remballez tout.
Sans pourtant tout dégueuler d'un coup, ma nature de petite tarlouze parvient à apprécier les extraits les plus soft, les instants fugaces où le clavier Bontempi ne provoque pas ma fuite dans les escaliers de secours. Ça doit se compter sur deux doigts, Dreaming et Voicething. Pour le reste et notamment l'insupportable Rocket où Alison ânonne (fort bien qui plus est) "Oh oh oh i got a rocket" si niaisement que ça en devient pénible, je ne peux rien y faire, je ne supporte pas.
N'allez pas croire que je me fais plaisir à démembrer un album plus variété qu'indus pour une fois, il n'en est rien. J'avais comme les geeks boutonneux du premier paragraphe été bluffé par la beauté mélancolique de Felt Mountain et sans présenter une quelconque gêne, la suite du parcours ne me provoqua aucun dégout particulier, plutôt une saine adhésion.
Mais là, faut pas pousser mémé dans le caveau.
Head First tombe la tête la première (ah, joie de ces titres aisément malléables par le vicieux poilu) dans le pire d'une disco passéiste et morte, donnant une coloration ridicule à des titres qui auraient pu intéresser si Will avait mis un peu d'eau dans sa crise de la cinquantaine.
Qualitativement Goldfrapp est (toujours) irréprochable, mais cette nouvelle lubie pousse le bouchon bien trop loin. De la mauvaise dance bien produite reste de la mauvaise dance, et Will Gregory comme Alison Goldfrapp ont joué le jeu à fond sans nuancer le propos. Déjà que Massive Attack n'a pas produit quelque chose d'exceptionnel avec Heligoland cette même année, on pourrait se demander si le trip-hop à sa naissance n'était pas doté dans son cahier des charges d'un avenir limité à 20 ans...
On est au bout du voyage les mecs, remballez tout.
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