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1 juin 2010

Scorpions, Face The Heat, 1993

L’année 1993 fut rude pour le hard rock des papas et comme le primate se tape les vieilles choses des vieux, ce fut dur aussi pour lui… En pleine vague grunge, les dinosaures en sont à sortir des best of et autres compil's live pour survivre. Ozzy Osbourne, Kiss, Metallica, Iron Maiden, Judas Priest, tous dans le même caca, avec des gueules de primitifs devant le succès insolent de Nirvana, Pearl Jam, Pennywise, et autres Korn. Le rock con et enjoué ne vend plus, le metal mélodique passe pour de la branlette, les belles ballades pleines de sentiments sont ringardes, Scorpions voit donc son fond de commerce pourrir rapidement.

Le groupe avait su sauver ses miches avec le carton de Crazy World mais le temps, ce cruel connard eut tôt fait de rattraper Scorpions. En trois années, la bande ne voit pas le vent tourner (haha... parce que Wind of change et... bon ok...), celui du grunge, du neo metal et du punk à roulettes qui effrite les vieilles pierres. Pour les deux premiers, il s’agit moins de prouesses musicales que de coller à la déprime mondiale, d'en rajouter une couche dans la boite d’anti-dépresseurs. Quant au troisième, ce n'est que pure déconne, encore moins doués rayon musique, mais efficaces pour remuer des jeunots fatigués d'écouter les vieilles bouses de leurs parents au chômedu.
Scorpions ne sait rien faire de tout ça, alors ils feront la même chose.
Face The Heat sera un classique condensé de heavy, de hard et de minauderies affreuses, dans cet ordre précis ou peu s'en faut.

Cependant, le groupe a clairement changé de cap depuis 1990, délaissant un peu les sujets idiots du genre « le rock c’est cool » pour des prises de position plus politiques ou sociales. Résultat, Alien Nation, un monstre heavy qu’il faut au moins récupérer de cette galette si moche (ce n'est de fait PAS un vomi frais que l'on peut mater sur la pochette).
Sans rien changer au monde, Alien Nation rue dans les brancards, écrase en presque six minutes et accroche en moins d’une. Refrain béton, basse surpuissante (bravo au petit nouveau Ralph Rieckermann), et Klaus Meine qui force en méchanceté en scandant un furibard « Beware of the alien nation ».

Mise en cause du racisme et de la peur de l’autre, Alien Nation tient lieu d'entrée en matière radicale, ce qui pouvait largement contenter le fan déçu par les bonbons de type Wind of change ou Send Me An Angel.
Mais Scorpions ne s'arrête pas ici et enfonce le clou avec un No Pain no Gain plus lent mais tout aussi bien charpenté. Après trois titres qui calment n'importe quel hardos moyen, l’on peut s’attendre à une ch'tite ballade, bingo vu qu'Under the same sun est une de ces guimauves que les Allemands ont pondu à la douzaine dans les années 90. Celle-ci n'est pas plus débile qu’une autre, on notera le petit orgue en fond qui n'arrange rien cependant.
Se fait jour la belle constance du groupe à proposer bonnes plages de hard mélodique et de faibles balladounettes. Dans les bons trucs bruyants, on peut conserver Unholy Alliance ou Ship of Fool, qui sans voler très haut restent de corrects morceaux de hard rock basique. Et il serait difficile de minauder devant le solo de basse d'un Hate to be nice qui confirme si besoin était que Schenker et Meine ont toujours du doigté pour la composition et du nez pour leurs recrues.
Au rayon guimauve, et pour vraiment sauver quelque chose, je garderai Woman, plutôt touchante et originale avec son blues mélo mais les trois ballades (trois de suite !!!) qui terminent ce disque sont simplement de la merde.

Identiques, molles, elles foutent la honte carrément. Scorpions se mangeait encore la queue en forçant sur le raclage sentimental alors que la jeunesse allait depuis un bail chercher ce genre de choses chez d'autres plus en phase avec leur époque. La palme revenant à Destin où Klaus s’adonne au Français sur le refrain, "Mon destin inscrit en toi" qu'il nous dit...

Pour le coup, ce sont nous qui avont le plus souffert puisque deux ballades de cette triplette mortelle étaient gracieusement offertes comme des bonus sur la version européenne, merci qui ?
Cette fin de disque totalement foirée, non par le fait de coller des ballades, mais surtout d'en mettre d'aussi mauvaises laisse un mauvais souvenir de Face the heat, qui non content de s'être ramassé en termes de ventes est simplement tombé la gueule la premiere dans le puits de l'oubli.
Dommage pour les quelques bonnes partitions qu'il comporte (Alien Nation, No Pain No gain, Unholy Alliance, Woman, en gros 50% du disque…) mais justifié en regard de la nullité dramatique du reste. On pourra aussi penser que Scorpions n'était carrément plus à la page à cette époque (l'ont-ils jamais été ?) et que bizarrement cela s'entend plus cette fois.

Ca s'écoute ma foi encore avec un certain plaisir, et puis à vous regarder droit dans les yeux, et sans même suivre mon pur instinct, il est confirmé que le pire est devant eux…

3 contributions bénévoles:

  1. Le premier Scorpions que j'ai écouté. Pas assez mauvais pour me dégoûter de ce groupe. Mais je préfère de loin des albums comme In trance ou Lovedrive.
    Sinon, le groupe est passé pas loin de chez moi il y a une semaine. Je n'y suis pas allé personnellement, par manque de thunes, mais des amis m'ont confirmé que le groupe sait toujours tenir une scène et qu'il ne s'est pas contenté de jouer que les titres ultra-rabâchés.

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  2. Un Face The Heat dégraissé de quelques mauvaises ballades et de deux ou trois morceaux bouche-trous et ça valait un Crazy World sans soucis...

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  3. Et sur scène, je ne me fais pas de soucis, ils seront encore à la hauteur quelques années ;-)

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