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11 juin 2010

Scorpions, Sting in The Tail, 2010

Suis-je un fan de Scorpions, suis-je un de ces adeptes aveugles qui suivraient ces idoles au bout du monde pour peu qu'ils fassent changer le pneu avant droit du jet privé à Miami alors que vous peinez à payer les traites de votre chambrette à Melun (ou autre ville rejetée par la majorité des guides touristiques) ?
Non, franchement pas fan de Scorpions, admirateur peut-être, auditeur occasionnel, comme on achète de temps à autre une revue douteuse à la cover toute aussi douteuse. On a honte d'en écouter, mais ça fait du bien, ça soulage son ame de petit rocker pas méchant. Se fair plaisir avec pas grand-chose, même si c'est fondamentalement assez crétin.

Pourtant, bien que pas fan, je me suis payé ma place VIP catégorie A pour leur prochain passage au stade Hernando Siles de La Paz, Bolivie.
Ca ne cadre pas vraiment avec l'image du non-fan, oui. Pourquoi claquer l'équivalent d'un salaire de juge local pour voir les vieux Teutons dans leur espace préféré, du gros stade rempli (on l'espère du moins) de trentenaires et au-delà, nostalgiques de leur folle jeunesse passée à procréér en écoutant Still Loving you, Wind of change, ou Rock you like a hurricane?
Pige toujours pas mais je l'ai acheté ma place...

On ne pourrait parler de nostalgie dans le cas de votre primate vu qu'il fit le lien entre le groupe et ses tubes il y a relativement peu de temps, une petite dizaine d'années en somme, pas de quoi en faire un accroc.
D'autant que mon jeune age m'offrait en terme de nouveautés leurs plus belles merdes aux doux patronymes d'Eye II Eye et autres Pure Instinct, pour m'exciter avec ça...
Puis vient le génie des compilations peu couteuses qui permirent la découverte de Love at first thing ou de Blackout, et ça oui, ça me fit décoller du cul tant c'était énorme.

Parce que Klaus Meine... Cette voix qui semble s'extraire uniquement de ses cavités nasales et qui miraculeusement se fait pleine d'émotion, quoiqu'il chante, souvent des trucs assez niais certes, mais quel talent pour m'arracher des larmichettes, quelle force dans ses interprétations, peu de timbres touchent autant, Klaus y parvenait sans peine.
Il y a parfois cette petite honte qui vous titille, car Scorpions, après des débuts qui mirent au monde des disques fleurant un hard rock aussi mélodique que furieux s'englua dans une diarhée de power balades affreuses, à l'instar d'Aerosmith en somme. Lorsque le gros son ne vend plus, il faut toucher les ménageres, exciter ces petites ames en détresse d'adolescentes, ratisser large et lever les filets, vomir ce qui s'achète à la tonne.

En bon petit ado boutonneux, j'accrochais parfois, parfois pas du tout, et même encore aujourd'hui, un petit Still Loving You, ou même le Maybe I Maybe you d'Unbreakable me remue quelque chose. Pour Klaus, pour Rudolf, Scorpions pique souvent au bon endroit.

Je me remâchais tout cela sur le chemin de la billeterie lorsque qu'enfin je parvenais à la grosse file qui commençait à attaquer le trottoir. Du trentenaire, de la mère de famille, du couple quinqua, un public bigarré qui n'a souvent connu que le meilleur des années 80 et les saloperies des années 90 (exception pour Face the Heat, dont tout le monde se fout alors qu'il renoua un peu avec ce qu'on appelle un bon album de Scorpions...).

Tu regardes ces gens qui font la queue depuis au minimum deux heures pour se payer leur place à des sommes incompatibles avec le salaire moyen du pays et tu ressens un poil d'émotion.
Non pas qu'ils soient dans le besoin, il s'agit ici des classes privilégiées de la société, souvent des personnes ayant voyagé aux alentours, Argentine, Brésil, coutumières de gros concerts. Une mère de famille juste derrière moi m'avoue avoir vu Scorpions en 1981, lors du Rock In Rio et qu'elle allait cette fois les revoir avec son fils et sa fille, qu'elle était émue de pouvoir partager avec ses gosses la musique qui la faisait planer étant jeune.

Le couple devant achète pas moins de dix tickets, un pour chaque membre de la famille, dont les parents, oncles et tantes qui ont raclé les fonds de tiroirs pour se retrouver au stade le 16 septembre. La nouvelle de l'arrivée du groupe en Bolivie, tout le monde pensait que c'était une sale blague, même encore aujourd'hui plane un doute, mais le site officiel le confirme alors l'espoir se lit sur la tronche des patients dans la queue.

En voyant ces aficionados, plus ou moins jeunes, en parlant avec ces personnes qui semblaient aimer Scorpions comme moi j'aime le Saint Nectaire, soit avec une ferveur christique proche de la démence, mes doutes se dissipèrent, je voulais bien me la payer ma place, je voulais voir les responsables de tant de souvenirs. Je voulais voir ceux qui annonçaient récemment la fin du groupe et qui semblaient ranimer une flamme en autant de monde.
J'en oubliais les ballades idiotes, les albums insultants, me venaient en tête les refrains d'In Trance, de Rock you like a Hurricane, de Crossfire, de The Zoo, de Blackout, d'Always Somewhere et sans forcer, j'avais en poche mon pass VIP Catégorie A et j'étais dans la rue.

Après avoir constaté telle abnégation, j'ai honte de devoir écrire que leur dernier album en date, probablement le dernier de leur carrière est assez moyen, composé à 30% de power-ballades sans génie et de morceaux de rock fort classiques.
J'ai moins honte lorsqu'il s'agit de Klaus Meine dont la voix me reste toujours en travers du coeur, qui m'envoie ces refrains mêlant classicisme et efficacité sous un ratio de 50/50. Ca marche encore, c'est dingue mais Schenker/Meine, après 45 ans de carrière, cette paire arrive encore à faire passer quelque chose dans leur musique archi-rabâchée.

J'ai de nouveau honte lorsqu'il s'agit des ballades dont cette horrible repompe de Send me an Angel, déjà pas bien jolie à la base, qu'ils ont ici renommé Sly. Pas non plus très fier de ne pas être secoué lorsque j'écoute le balourd Let's Rock (12 plages, quatre comportent le mot "Rock" dans leur titre...) ou le basique Spirit of rock et ses Yeah yeah yeah moches.

J'en oublierai la majesté classique d'un Raised on Rock (je vous ai prévenus hein...) ou la certaine modernité de Sting in the tail, la bonne tenue de la power ballade The good die young (une bonne sur quatre quoi) et dans l'ensemble la belle forme de nos scorpions.
Pour une fin de carrière, Sting in the tail est juste correct, correspondant en gros à ce que l'on attend d'eux, donc ni surprise ni grosse déception.

Et pour leur fin de carrière, j'irai, sans honte aucune cette fois-ci, m'arracher les cordes vocales devant la scène du stade Hernando Siles. Par nostalgie ou par plaisir, par envie ou par tristesse, j'irai applaudir un de leurs derniers levers de rideau. Sans être un fan, j'en ai déjà parfois quelques piques au coeur de les savoir sur la fin du parcours. Et ce Sting in the tail ne fait que rendre plus douloureuse la piqure.

3 contributions bénévoles:

  1. Hé Ouistiti, cesse d'avoir honte et amuse toi. C'est fait pour cela la musique...
    Je te trouve quand même un peu sévère avec ce groupe ! Certes il y eut quelques dérivations musicales un peu malheureuses, bien sur, les textes sont très facile d'accès, peut-être un peu trop parfois. Mais certains textes de Klaus Meine sont fort touchants, d'une poésie joliment naïve... (They need a million, Born to touch your feeling, ou, tout récemment, the best is yet to come). Bref, globalement bien plus de bon que de mauvais...

    Comme toi, je ne suis pas une fan de la première heure... Je les ai suivis de ci de là, plus particulièrement dans ma jeunesse au moment de leur grand succès des années 80, un peu moins ensuite... Je l'avoue...

    Et puis il y a un an, un besoin impérieux de renouer avec une certaine musique m'a ramenée vers eux. Et c'est à ce moment que le déclic s'est produit... J'ai réécouté pas mal d'artistes, épaulée par un ami bien plus "rockultivé" que moi. Des choses comme led zep, Camel, UFO, MSG (periode McAuley surtout) les Doors, les Stones bien sur, ACDC, ou encore Bob Dylan ou Jimmy Hendrix, bref du bon du lourd... Et puis des choses un peu plus récentes, plus commerciales aussi... (Epica, Delain, Nightwish, Evanesence...)

    Mais je ne sais pourquoi, mon coeur et mes oreilles se sont accrochés aux Scorpions...
    Je suis allée voir de extraits de concerts sur YouTube ! et là, révélation...

    Comme toi, j’aime particulièrement la superbe voix de Klaus Meine, qui reste aujourd’hui encore magnifiquement puissante, et tellement émouvante. Mais il y a autre chose...

    Je suis allée les voir à Strasbourg le 22 mai dernier. J'y suis encore... Moi qui ne suis pas une adepte de l'ambiance concert, eh bien crois-moi, je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner... avec mes enfants, car il faut qu'ils voient cela... C'est trop beau !

    Il y a chez ce groupe, même chez les membres les plus récents, quelque chose qui relève de la magie. Ils te portent et t'emmènent avec eux, avec une force incroyable !

    Au delà du talent musical et vocal, au delà du professionnalisme (même pendant des périodes un peu difficiles sur le plan création et vente d'albums, ils n'ont quasiment jamais arrêté la scène, c'est dire s'ils sont rodés !), il y a avant tout une extrême générosité et un très profond respect du public. C'est pour moi ce qui les rend tellement différents, tellement "à part" et attachants ! Et c'est aussi en partie, à mon sens, ce qui explique leur "durée" dans le paysage musical international !

    Je te souhaite un magnifique concert bolivien. Mes enfants et moi allons essayer d'avoir des places pour Cologne en Novembre. En France, les bonnes places sont déjà parties... Et nous n'avons pas les moyens pour les VIP...

    Sylvie, Paris

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  2. Oh, ne me crois pas blasé, sinon je n'irais pas les voir en concert ;-)
    Lorsque j'ai appris qu'ils passaient par chez moi, je suis parti en courant aux guichets payer ma place, mais dans le même temps, leur dernier album n'est pas génialissime, alors entre ferveur et raison, j'essaie de faire le grand écart.

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  3. Un petit conseil d'une Fan Teutonne!

    Bien sûr, il y a eu des Albums un peu moins bons ,Et Alors!! Idem pour les autres chanteurs ou films ou séries inondant nos écrans! Et vous? Etes-vous performant tous les jours! ?

    Cher Ouistiti Hurleur Ou Râleur

    Allez-donc, en courant, dépenser votre argent dans une bonne paire de charentaise,qui vous fera beaucoup de profit,pour une dépense inférieure à un billet de Scorpions! Ainsi, vous pourrez vous installer devant votre télé"2 heures minimum" pour savourer de bonnes ou de mauvaises séries policières ou autres.....ou écouter du "Scorpions" "les meilleures chansons bien sûr!!" en sourdine!!

    Ne venez plus polluer les concerts de Scorpions!
    Le fait de vous savoir dans une salle va me gâcher mon plaisir!! Je serai obligée de leur demander un concert privé ! vous imaginez MA JOIE!!

    A bon entendeur....... SALUT!

    VIVE SCORPIONS! A bas les détracteurs de cet acabit!
    Du très bon,du bon,du moyen OUI! Mais du mauvais ? je dois être sourde! Je n'en ai jamais entendu,moi!!!!

    ATTENTION:Les fans de Scorpions piquent aussi!!

    Ml,le 15 Juillet 2010

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