Le neo metal, ça fait rire les puristes du fond, et plus globalement les initiés métalliques petits et grands. Si vous voulez vous mettre au neo metal qui est de fait de moins en moins nouveau et de plus en plus pourri, vous n'aurez que l'embarras du choix, tant les groupes médiocres ainsi étiquetés ont grouillé ces dix dernières années. Beaucoup ont sombré dans l'alcoolisme et l'anonymat, fatigués de se recevoir des bouteilles et les injures de leurs grands frères. Sevendust est totalement inscrit dans ce genre et pourrait être restreint à la poubelle tant sa production passée est inconsistante. Pourtant, en écoutant Cold Day Memory, je me suis surpris à ne pas le haïr en bloc.N'allez pas attendre que je m'agenouille devant Sevendust, faut pas rêver non plus. Le neo metal dont se revendiquent nos compères est probablement la pire publicité faite aux métalleux, obligés de composer avec des minets de 15 piges pensant que Limp Bizkit et autres merdes similaires étaient le summum de l'ultraviolence. Bon, ces petits naïfs n'ont jamais écouté Death Angel et à la limite on leur pardonne.
Sevendust avait au moins un détail qui les faisait sortir la tête des chiottes, leur chanteur. Lajon Witherspoon sauve à lui seul et régulièrement les compositions convenues de sa bande de rebelles.
Sur ce Cold Day Memory, on retrouve avec stupeur ces crincrins éculés qui ont tristement fait tout le succès du genre. Des refrains hurlés/chantés super méchants, des riffs hyper nouveaux et trop mortels, une power (!) ballade que putain c'est triste et tout et le chanteur il est beau sa mère.
Sur ces constatations mitigées, vous pourriez penser que le ouistiti va s'agacer et être mauvais avec ledit disque.
Beh, oui et non.
C'est certes bien bateau comme il faut et ces mecs semblent avoir quitté la planète Terre durant cinq ans pour chier les mêmes ritournelles vaguement violentes et leurs refrains pour maternelles.
C'est certes tellement pareil qu'avant que tu crois entendre un disque de 1999, époque bénie où tout ressemblait à tout et où choisir était de fait plus simple, il ne fallait rien écouter et pis c'est tout.
Mais en se forçant un peu, en faisant défiler les titres, il faut admettre pourtant que Sevendust a plus bossé qu'à l'accoutumée (pas comme Alpha en 2007 qui ne mérite que l'oubli...), prenant plus de temps sur les arrangements et variant sa néo-soupe.
C'est pas visible au premier jet, je vous promets encore moins que l'achat de cet album est le meilleur investissement de votre vie (je pourrais le dire, mais des gens pourraient le croire et ce serait mal), mais à décortiquer au scalpel cet énième album (ils évacuent un skeud tous les deux ans, ça commence a en faire...), il y a du pas mal, pas du génial, mais du pas mal franchement.
Un poil plus groovy que la moyenne de ses clones, un brin plus inspiré aussi cette fois-ci, Sevendust ne sauve pas les meubles mais fait un peu plus envie qu'avant.
Ca reste bien médiocre, mais à défaut de fermer enfin boutique (le rêve..), Cold day Memory est potable.
Ps : Bon, Nowhere, le huitième titre est vraiment pas mal du tout, et The End is coming aussi, voila c'est dit.
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