Vous ne me verrez jamais dire de cochonneries sur Overkill, ou rarement. Ils ne sont pas le plus grand groupe de thrash de l'univers. Ils alignent les skeuds à la vitesse de la lumière sans jamais qu'on s'intéresse à leurs gueules de métalleux basiques. Ils remettent en cause les principes les plus élémentaires de l'évolution et notamment celui qui dit que si tu es toujours thrasheux au troisième millénaire, c'est que tu es le fruit tardif d'un accouplement entre une bactérie et un primate. Ils brassent les mêmes éternités de riffs, de gueulantes, de breaks et de raaahg reuaargh primitifs depuis l'ère quatre-vingtolitique. Mais...Mais Ironbound est bien un foutu connard de bon album.
Qui parle encore de chercher un soupçon de surprise dans le thrash metal, genre qui se devait de mourir jeune ?
Cet espèce de heavy pour psychopathes, cet insolent condensé de rapidité et de prétention ne survit aujourd'hui que par son respect à des règles dépassant maintenant les 30 ans d'âge.
Alors qu'il aurait du crever en 1990-1991, suite aux ultimes bonnes baffes des (attention, un gros name-dropping va suivre...) Sadus, Anthrax, Annihilator, Artillery, Kreator, Death Angel et surtout, de Megadeth qui déballait rien moins que Rust in Peace... Après ça, Metallica, pourtant détenteur du titre de plus gros monstre du genre a arrêté les frais.
Les Four Horsemen ont compris avant tout le monde que le thrash avait fait son temps, et peu importe si la virgule économique a motivé le débranchage de prise, les pères ont tué le turbulent mioche avant qu'il ne vire vieux con.
Depuis, les résurrections sont monnaie courante, se parant parfois d'autres atours, virant dans un heavy rock banal (type Load/Reload, Risk, ou encore le fort moyen The Ritual de mon chouchou Testament) ou dans une (mal)saine augmentation de violence aux alentours des années 2000 ce qui nous fera chialer devant un St Anger ou louer la magnificence de The Gathering de mon toujours chouchou Testament.
Dans le monde de la musique, les choses ne meurent jamais vraiment, alors le thrash n'a pas crevé, ses géniteurs ayant du mal à raccrocher les mitrailleuses. Moribond mais encore alerte, il put surtout compter sur quelques bandes de lourds qui jamais ne lui firent le coup du "je t'aime, mais on ferait bien une pause quand même". De ces lourds isolés du reste du monde, il faut définitivement détacher Overkill.
Vrais mordus, vrais bloqués dans un univers parallèle où l'origine du monde se situe en 1985 et sa fin coïncide avec leur propre retraite, Overkill est le cerbère du gros riff et du coup de speed, au cerveau suffisamment développé pour moduler quelques effets, tâchant de respecter un petit quota de riffs sauce heavy pour dire qu'il y eut une vie microbienne avant que leurs culs ne touchent Terre.
Tous les un, deux ou trois ans, on a droit à une cuvée estampillée Overkill, éternellement dotée de cette tessiture rapide, de cette teinte sanglante, de cette arrière-goût plus mélodique qui réveille les parties occultes des papilles, un classique que l'on achète avec confiance tant on connait bien la qualité et la bonne tenue générale du proprio.
On sait qu'il est pas du genre à pisser dans les bouteilles, qu'il vous filera toujours la même bonne recette et qu'on aimera ça, parce qu'on a le fond classique finalement.
Alors Ironbound est un foutu connard de bon album qui ne fait rien oublier et ne fait rien espérer. Pour trinquer sans attendre ou à laisser affiner en cave, comme bon vous semble. Quoiqu'il arrive, ça se déguste toujours avec plaisir.
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